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Cinéma
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Après la disparition du grand comédien Abou Djamel, le week-end a été marqué par le décès de l'immense réalisateur Hadj Rahim.

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Bien qu'il fut un grand réalisateur, Hadj Rahim qui vient de nous quitter était connu par ceux qui passaient par le boulevard des martyrs et ceux qui l'ont connu de près pour sa simplicité et sa modestie. Hadj Rahim est cet artiste qui a eu la merveilleuse idée de réaliser la première caméra invisible algérienne en 1970. A cette époque, le réalisateur qui n'avait pas du tout les moyens techniques et matériels d'aujourd'hui n'avait réussi que grâce à ses idées, son savoir-faire et son amour du métier. Hadj Rahim, qui devait d'abord trouver l'idée de piéger les gens, était non seulement derrière la caméra mais aussi devant où il jouait souvent le rôle du piégeur, c'est-à-dire qu'il avait également un véritable don de comédien. A ce jour, ni les réalisateurs de la télévision nationale ni ceux du secteur privé qui relancent à chaque Ramadhan la caméra invisible avec toutes les nouveautés techniques ne sont pas arrivés à produire des émissions aussi originales que celles de Hadj Rahim. Il faut noter que mis à part la caméra invisible, il avait réalisé de très beaux films dont certains de l'inspecteur Tahar qu'il avait connu dans les scouts. Il aura plus tard l'occasion de le diriger à la télévision. Il faut rappeler que Hadj Abderrahmane (L'inspecteur Tahar) a été cameraman avant d'entamer une carrière d'acteur. Hadj Rahim qui n'aurait pas fait d'école de cinéma était entré par hasard dans le milieu artistique au milieu des années 1950 à Paris. Il était appelé à jouer comme figurant ou pour quelques petits rôles pour la télévision française avant qu'il ne trouve un poste de régisseur. En revenant en Algérie, il rejoindra la RTA et réalisera plusieurs films où il aura à diriger des comédiens tels que Hassan Hassani dans Rihlet Chouiter et âich Bethnach. Il réalisera d'autres feuilletons, téléfilms et sticoms tels que Serkadji, Portrait et Zwedj Lila Tedbirou âam. Hadj Rahim a réussi car il aimait son métier et a toujours voulu offrir un bon produit à son public. Il avait un public qu'il avait acquis avec l'émission La caméra invisible. Hadj Rahim était de ceux qui allaient régulièrement à la cinémathèque d'Alger et assistait aux débats. Il tenait toujours à s'améliorer et n'avait pas été emporté par la folie du succès. C'était son grand secret. Il était resté toujours humble, simple, modeste. C'est un artiste tout court. Il l'est resté jusqu'à la fin de ses jours.

Bari Stambouli