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Dallas est en état de choc. «La ville des rêves» a vécu un cauchemar jeudi.

Des tireurs ont semé la panique en marge d'une manifestation contre les violences policières, après la mort de deux hommes noirs ces derniers jours. Cinq policiers ont été tués et six autres blessés.
Les premiers bilans faisaient état de trois, puis de quatre policiers tués. La mort du cinquième a été annoncée dans la nuit par la police de Dallas. Le maire de Dallas, Mike Rawlings, a, de son côté, déclaré qu'un civil avait été blessé dans la fusillade.
Ce bilan de onze victimes dont cinq morts est le plus grave enregistré par les forces de l'ordre aux Etats-Unis depuis le 11 septembre 2001 – où 72 agents avaient trouvé la mort –, a affirmé le National Law Enforcement Officers Memorial Fund («Fonds commémoratifs pour les agents des forces de l'ordre»), qui répertorie tous les policiers tués. Evoquant une attaque menée «comme une embuscade», le chef de la police de Dallas, David Brown, a expliqué dans un communiqué que «deux snipers (avaient) tiré sur dix policiers depuis une position en hauteur pendant la manifestation».
Les informations sont encore parcellaires mais, selon les médias locaux, les tirs ont commencé jeudi soir autour de 20h45 vers la fin de la manifestation, à laquelle avaient pris part des centaines de personnes pour protester après la mort de deux hommes noirs abattus par la police cette semaine – l'un en Louisiane, l'autre dans le Minnesota. Plusieurs rassemblements de protestation étaient organisés à travers les Etats-Unis. Quelques heures plus tôt, le président américain Barack Obama s'était exprimé sur les tensions entre une partie de la population américaine et les forces de l'ordre. La mort de deux hommes noirs en autant de jours, abattus par des policiers filmés au moment des faits, est le symbole d'un «grave problème» de la société américaine, avait-il dénoncé. Des enquêtes fédérales ont été réclamées dans ces deux affaires.
«Admettre que nous avons un grave problème ne contredit en rien notre respect et notre reconnaissance envers l'immense majorité des policiers qui mettent leurs vies en jeu pour nous protéger au quotidien», a écrit le président américain dans un communiqué, après la mort, mardi, d'Alton Sterling à Bâton-Rouge, en Louisiane, et celle, mercredi, de Philando Castile, à Falcon Heights, dans le Minnesota.
«Il est évident que ces tirs meurtriers ne sont pas des incidents isolés. Ils sont symptomatiques de défis plus importants au sein de notre système judiciaire, ainsi que de disparités raciales qui apparaissent dans le système année après année et du manque de confiance qui en résulte entre les forces de l'ordre et de trop nombreuses communautés.» Arrivé aux premières heures d'hier à Varsovie (Pologne), où il devait participer à un sommet de l'Otan, le président a déploré que son pays avait vécu «trop de fois des tragédies» similaires et appelé la police à entreprendre des réformes. Rappelant que les Américains non blancs sont plus susceptibles d'être arrêtés, fouillés ou tués par les forces de l'ordre, il a exhorté ses compatriotes à ne pas y voir un problème seulement pour les minorités. «Ce n'est pas seulement le problème des Noirs. Ce n'est pas seulement le problème des Hispaniques. C'est un problème américain dont nous devrions tous nous préoccuper. Il nous revient à tous de dire que nous pouvons mieux faire.
Nous valons mieux que cela.» Selon le Washington Post, pas moins de 500 personnes ont été tuées depuis le début de l'année 2016 par la police. 31% des victimes sont noires (afro-américains), précise, pour sa part, Vox.

Synthèse R. I.