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Thu, Mar
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Football
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Il y a un constat sur lequel tout le monde ou presque est d'accord. Le championnat de la Ligue 1 est d'une faiblesse criarde. Le spectacle offert chaque week-end est affligeant, à la limite de l'indigence. En tout cas, bien en-déçà des salaires mirobolants touchés par les joueurs qui l'animent.

Il ne faut pas être un spécialiste ou un clerc pour s'en rendre compte. Cependant, il n'est nul besoin ici de l'accabler davantage, mais plutôt de cerner les causes qui font que le championnat national n'a pas de pareil dans la médiocrité et le misérabilisme. Les raisons sont multiples et différentes allant de la peur de mal faire, engendrée par une pression terrible et un environnement malsain et des plus hostiles, aux conditions matérielles exécrables dans lesquels le footballeur exerce son métier chez nous. Un bouillon de culture qui l'a métamorphosé au fil des saisons pour devenir non pas un mutant, mais presque. Son manque d'instruction, en général, ne l'aide pas par ailleurs à faire la part des choses ou dissocier ce qui est important pour sa carrière, de la vétille. 

On se lasse de voir des joueurs tombés par terre qui ne se relèvent pas, des arbitres bousculés pour des broutilles, des palabres à n'en plus finir pour tout et n'importe quoi. Des pertes de temps en veux-tu en voilà. De la triche en somme banalisée qui n'émeut personne. Est-ce à dire que le joueur algérien est malhonnête par résilience ? Rien ne le différencie en fait de ses collègues des autres pays, mais son conditionnement, son formatage l'ont rendu difficile à gérer, à canaliser. Par le passé, avant d'être un technicien, le coach était d'abord un éducateur. Une espèce en voie d'extinction dans un monde dominé outrageusement par l'argent. L'argent qui a corrompu les âmes et les consciences. Ailleurs, il a au moins le mérite d'offrir du grand spectacle. Ici, il n'engendre que la violence, la haine… et le huis clos.
C'est sans doute dans ce domaine que les responsables du football chez nous ont le plus échoué. Ils ne font rien pour changer les mentalités et les mœurs. Une situation lamentable à laquelle tout le monde s'est conformée, au point d'accepter que le football pratiqué en Algérie ressemble vaguement à celui que l'on voit sous d'autres cieux.

M. Kader