23-10-2011
Point Net
Faute d'études, une journée d'études

Le président du MSP réclame des «réformes globales» et non de «petit replâtrages», comme il vient de le déclarer avec tout le sérieux et toute la solennité qu'il veut bien donner au moment et aux conditions qu'il a choisis pour s'exprimer sur la «question». Pourtant, l'«événement» est seulement une «journée  d'étude» sur les réformes, même si M. Soltani et ses pairs dans le parti ont, comme toujours, tenu à donner un maximum d'emphase à l'intitulé de la rencontre. «Réformes, réalités et perspectives» donc. Comme personne n'a jamais rien demandé à M. Soltani et son parti en termes de programme, de discours et d'idées, alors il ne va pas en rajouter à un moment si crucial de la vie politique du pays.

On lui a dit «tu es l'islamiste fréquentable» et il a été l'islamiste fréquentable. Problème tout de même, il y a un prix à cela et le MSP, le moment de la soupe sonnée, ne se laisse jamais faire. Sinon, il aurait bien renoncé, et dès le départ, à l'alliance présidentielle. Une posture qui pouvait lui permettre d'entretenir au moins une petite illusion de détachement. Mais trop risqué.

Et puis, tant qu'à faire, le MSP a bien montré qu'on pouvait être aux affaires et dans l'opposition. Roule, pas de problème. Une fois rangés les flashes sortis pour la photo de famille, chacun joue son jeu.

Et le MSP, plus que les deux autres, joue pleinement le sien, avec cet avantage d'être « unique» dans le trio, puisque «théoriquement», il est différent de… ses frères, eux, nés de la même matrice. Alors M. Soltani et le MSP usent jusqu'à la corde leur statut d'ersatz politique.

En réclamant toujours plus que les autres tout en sachant qu'ils obtiendront moins. En faisant semblant d'être d'accord alors que ce n'est pas vrai. En faisant semblant de s'opposer quand on «partage». En poussant des colères à la carte. En formulant des propositions sur commande.

En poussant le zèle jusqu'au bout sur des questions entendues. En promettant de gagner des combats qu'on ne livrera jamais. Et puisqu'il faut bien parler des réformes, il faut bien dire qu'à l'origine elles étaient titanesques mais leur «processus» a été dévié de sa trajectoire par des partis qui veulent les réduire à des futilités.

Alors M. Soltani a organisé une «journée d'études» sans études, une réalité qu'il ignore superbement et une perspective où il faut bien se placer. Voilà, la «manifestation» est terminée. Pour ne pas parler comme les «autres» de quotas de femmes, de nomadisme politique et de démission des ministres qui veulent être députés, il faut juste organiser une journée d'études où on fait mieux : ne parler de rien tout en disant qu'on est là.
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