29
Sam, Avr

International
Typography

Le quotidien américain Washington Post révèle une nouvelle proposition de coopération militaire à Vladimir Poutine dans la lutte contre les organisations terroristes en Syrie.

L’administration américaine attend, en échange, de Moscou des pressions sur le régime d'Al Assad afin qu'il cesse ses bombardements contre les rebelles qu'elle soutient. Confronté à l'inextricable casse-tête du conflit syrien et pressé de l'intérieur par des diplomates dissidents, qui réclament ouvertement une intervention contre le régime syrien, Barack Obama a fait une nouvelle proposition à Vladimir Poutine. Après des semaines de discussions et de délibérations internes, l'administration américaine a transmis au gouvernement russe une proposition d'accord militaire pour combattre le terrorisme en Syrie. Le point crucial de cet accord, a confié un officiel au journaliste du Washington Post, est la promesse américaine d'une coopération avec l'aviation russe pour cibler et coordonner une vaste campagne de bombardements contre le Front Al Nosra, la branche syrienne d'Al Qaïda. Cette proposition, approuvée personnellement par le Président et fortement soutenue par le secrétaire d'Etat, John Kerry, constituerait «une coopération entre militaires américains et russes à un niveau sans précédent, que la Russie recherchait depuis un moment», écrit le journaliste Josh Rogin. En échange, les Russes doivent s'engager à faire pression sur le régime de Bachar
Al Assad pour qu'il cesse de bombarder certains groupes rebelles que les Etats-Unis ne classent pas dans la catégorie «terroristes». Comprendre les combattants syriens armés et soutenus par Washington sur le terrain. Pour cela, les services américains ne fourniront pas de renseignements sur la localisation exacte de ces groupes. Ils indiqueront seulement des zones géographiques que les raids du régime devront éviter. Le journal précise également que le secrétaire à la Défense, Ashton Carter, était opposé à un tel plan, mais que c'est la décision présidentielle qui l'a emporté. Pour l'ancien ambassadeur américain en Syrie, qui partage les critiques de ces dissidents, ce nouveau plan est défaillant par définition pour plusieurs raisons. «Il est clair que les Russes n'ont aucune intention de mettre la pression à Assad, affirme Robert Ford, et quand ils ont essayé, ils ont obtenu des résultats insignifiants de la part des Syriens». Toujours selon Ford, il reste difficile de faire la distinction entre le Front Al Nosra et les autres groupes rebelles, qui se côtoient souvent, et intensifier les bombardements sur les djihadistes de la branche syrienne d'Al Qaïda pourrait causer des dommages collatéraux, y compris la mort de nombreux civils.

R. I.