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Lun, Mai

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La proposition du directeur du quotidien arabophone public El Massa, faite aux partis politiques d'assurer la couverture de leur campagne électorale en contrepartie d'une somme d'argent a fait réagir le ministre de la Communication, Hamid Grine.


«C'est une première» dans les annales de la presse nationale, a-t-il indiqué, hier, à l'occasion d'une conférence-débat entrant dans le cadre du cycle de formation destiné aux professionnels de la presse, organisé à l'Ecole supérieure de journalisme d'Alger. «Le directeur général d'El Massa a pensé avoir bien fait en proposant la publicité aux partis politiques. C'est une première. Si mon avis avait été demandé, j'aurais dit non», a précisé le ministre de la Communication. Réfutant l'argument avancé par le directeur du quotidien, Larbi Ouanoughi, qui justifiait son acte par des raisons commerciales, Hamid Grine a rappelé que «l'entreprise de presse n'a pas le même code d'éthique que les autres entreprises économiques». Pour le ministre, chercher une association avec les partis politiques n'est pas une bonne association. Il a ajouté qu'il s'est entretenu avec M. Ouanoughi et qu'il l'a averti d'assumer les conséquences de ce qu'il a fait. M. Grine a souligné que le directeur d'El Massa a adressé la lettre de proposition de coopération à plusieurs chefs de partis politiques, précisant que l'un de ces partis a rendu publique la lettre, en allusion au RCD dont le président Mohcine Belabbas a dénoncé un «chantage». Pour rappel, le directeur du quotidien El Massa a proposé aux partis politiques une couverture payante de leur campagne électorale pour les législatives du 4 mai prochain. Le président du RCD, «choqué» par une telle proposition, l'a dénoncé publiquement. Il a proposé aux partis de mobiliser un journaliste pour leurs meetings et la publication de tout ce que les partis voient nécessaire dans le cadre de leur campagne, dont les communiqués et les déclarations. «El Massa propose de conclure un accord en fixant un budget forfaitaire qui couvre toute la campagne et même avant», a précisé le directeur du journal dans sa lettre. Interrogé par les médias, le directeur d'El Massa a justifié que son journal était un journal public mais aussi une entreprise économique et commerciale, autonome et indépendante dans toute sa vision, sa stratégie et sa ligne éditoriale. Il a expliqué que les ressources de son entreprise ont diminué de manière drastique et qu'elle a besoin de trouver d'autres ressources financières. M. Ouanoughi a ajouté que son journal ne reçoit pas un budget de l'État comme l'APS ou la télévision nationale. Mais cela justifie-t-il sa proposition aux partis de couvrir leurs activités en contrepartie d'argent ? Sur un autre plan, le ministre de la Communication a affirmé que des «progrès» ont été enregistrés dans la formation des journalistes à la faveur notamment du cycle de formation initié au profit des professionnels de la presse depuis 2014. «Le cycle de formation académique qui a vu l'organisation d'une quarantaine de sessions depuis 2014 est sur la bonne voie, après avoir constaté des progrès perceptibles enregistrés en la matière», a-t-il déclaré. Il a ajouté que «la presse algérienne qui est libre, compte quelque 400 titres», soutenant que cette presse «tend de plus en plus vers le professionnalisme».

Karim Aimeur