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Mer, Mar

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Des candidats habillés comme des ploucs qui se prennent tellement au sérieux...

C’est la fin de la campagne électorale officielle. Que peut-on retenir de ce déploiement, deux semaines durant, des partis et des candidats «indépendants» aux élections locales ? Pas grand-chose qui ressemble à une vraie campagne d’une vraie élection. Mais il y a eu tout de même des «trucs» autour desquels les algériens s’en sont donné à cœur joie. D’abord ces affiches à l’esthétique de boucher : des candidats habillés comme des ploucs qui se prennent tellement au sérieux qu’ils font pitié, des têtes à dormir dehors qui se découvrent de grands destins, des slogans qui donnent le hoquet et quelques «sommités» qui ont soulevé les tripes de dégoût.  Il y a eu cet islamiste en costume de supermarché courant dans un stade de foot, ballon au pied, qui termine sa foulée en marquant dans des buts vides. Il y a eu cette bouteille d’eau minérale au sigle du FLN sur l’étiquette dont on a du mal à saisir le sens. On va crever de soif si on ne vote pas FLN ? Ça y ressemble et c’est le wali d’Annaba qui le dit à ses administrés : votez FLN, parce qu’en dehors, c’est le désert. Puis, il y a eu cette autre islamiste en jupons, enfin disons jupons par dérapage sémantique. Elle a soulagé l’emblème national de son croissant pour y placer son portrait. Pitoyable prétention d’une femme dont les algériens ne se souviennent que le jour où elle a défendu bec et ongles le droit des hommes à la polygamie et le devoir des femmes de s’y soumettre. Bien sûr, il y a parmi ceux dont elle a suscité l’indignation qui l’on fait par (mauvais) fétichisme. D’autres ont eu la colère sincère et ont poussé la chose jusqu’à initier une pétition qui demande l’application de la loi sur l’atteinte à l’emblème national. Ils exagèrent ? Ce n’est pas important, Naima Salhi n’ira jamais en prison. Insolite : à trois jours du scrutin, il n’y a pas une seule proposition politique, de développement local, d’action culturelle, d’habitat,  d’environnement, de santé publique… qu’on puisse retenir de cette campagne. Ou personne n’en a formulé, ce qui est vraisemblable, ou alors l’indifférence a été telle que personne n’y a fait attention, ce qui est plus grave. En attendant jeudi, les permanences électorales sont toujours vides et silencieuses, les affiches ne sont même plus… arrachées et les meetings peuplés de curieux quand ce n’est pas de jeunes rémunérés. C’est la fin de la campagne, circulez, il n’y a rien à voir. Ni à entendre d’ailleurs. En haut lieu, une seule préoccupation : le taux de participation. Ça ne promet pas, même avec les… clowns, mobilisés pour inciter les gens à voter. Pas de panique pour autant, ça va passer.

 

Par Slimane Laouari
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