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Dim, Avr

Théâtre
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L'écrivain algérien, Samir Toumi, auteur de deux romans, Alger, le cri et L'effacement, était l'invité de la rencontre Conjonction, organisée par la direction du Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi pour rapprocher le monde de la littérature de la création théâtrale.

Les deux mondes ne se sentent jamais aussi loin l'un de l'autre en Algérie. Et pourtant, ils ont tout à gagner s'ils se rapprochent. L'embellie littéraire que connaît la scène nationale, avec l'émergence de nouveaux auteurs de talent, aurait pu profiter au monde du théâtre qui souffre d'un manque d'originalité dans les nouvelles productions théâtrales. Les nouveaux écrivains algériens, de leur côté, auront à gagner en notoriété et se verront honorés en voyant leurs œuvres adaptées sur les planches. Cette «conjonction» entre les deux mondes reste à réinventer dans notre pays, d'où l'intérêt de cette rencontre périodique initiée par le TNA. Pour l'auteur du roman à succès, Alger, le cri, invité lors de la journée d'hier, «Le plus beau cadeau qu'on puisse offrir à un écrivain, c'est d'adapter son œuvre littéraire au théâtre», avoue-t-il. Ce cadeau n'a jamais eu lieu pour le moment, concernant les auteurs algériens de la nouvelle génération. Pourtant, la création littéraire au niveau national connaît un foisonnement surprenant.

Les nouveaux romans ne sont pas adaptés
Les jeunes auteurs algériens font preuve d'un génie créatif salué même au-delà de nos frontières. Le seul roman algérien à grand succès de cette nouvelle génération qui a fait son entrée sur les planches reste «Meursault, contre-enquête» de Kamel Daoud, adapté au théâtre en France. Cela reste une évidence à travers l'histoire de la littérature et du théâtre, qui vont de paire. Pour Samir Toumi, les deux styles se rejoignent dans la mesure où chacun d'eux raconte des histoires qui parlent à un public, qui véhiculent des messages. Celui-ci estime que les écrivains algériens ont un nombre indéfini de sujets qui peuvent parler aux Algériens, et sur lesquels ils ont toute la latitude d'étaler leurs talents. Cela pourrait aussi profiter au monde du théâtre, en s'inspirant de ces œuvres.

Encourager les rencontres
La littérature algérienne, dans ses trois langues arabe, tamazight et le français, est une littérature vivante et dynamique. La nécessité de créer des passerelles avec le monde du théâtre est soulignée par le conférencier. Cela ne peut se faire qu'à travers ce genre de rencontres. Dans ce sillage, il raconte l'expérience de «La Baignoire», qu'il a lui-même initiée dans un appartement situé à quelques encablures du TNA. Celle-ci a permis de rassembler un grand nombre d'artistes de différentes disciplines, autour de rencontres et expériences très enrichissantes pour les participants. Il cite en exemple plusieurs expositions réalisées dans plusieurs endroits à Alger. Ce genre d'initiatives contribue à insuffler une dynamique dans des institutions ou des milieux gagnés par une crispation. «C'est à travers ces petites rencontres entre artistes contemporains qu'on pourrait créer une grande chaîne d'énergie créative», suggère cet écrivain.


Arezki Ibersiene