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Sam, Avr

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Première vraie crise pour l'Administration Trump. Le conseiller à la sécurité nationale, Micheal Flynn, vient de claquer la porte. Une démission qui risque fortement de déstabiliser l'Administration américaine, tant cette fonction est connue pour son caractère éminemment stratégique.

Micheal Flynn avait été fragilisé, rappelle-t-on, par des révélations embarrassantes. Il était au centre d'une controverse pour avoir évoqué avec des diplomates russes les sanctions visant Moscou, sans avoir de fonction officielle. Des informations ont fait état d'une conversation téléphonique qu'il avait eue avec l'ambassadeur de Russie à Washington, Sergey Kislyak, avant que M. Trump accède à la Maison-Blanche. Accusé d'avoir menti sur la teneur de cette conversation, M. Flynn n'a eu d'autre choix que de se retirer. Jamais, par le passé, un responsable à un poste aussi élevé n'avait été contraint à une telle démission dans un délai aussi rapide. Moins d'un mois. Le 29 décembre, après l'annonce de sanctions par l'administration de Barack Obama en représailles à des interférences russes dans la campagne présidentielle, M. Flynn s'était en effet entretenu avec le diplomate russe. D'aucuns parle déjà d'un viol de la loi américaine. En intervenant dans un différend en cours opposant les Etats-Unis à un pays étranger, le désormais ex-conseiller à la sécurité nationale aurait commis l'irréparable. Interrogé le 8 février par le Washington Post, M. Flynn avait en effet assuré que la discussion avec l'ambassadeur n'avait pas porté sur les sanctions. Faux, semblent assurer les renseignements américains. Ces derniers disposent de preuves assez compromettantes. Et si l'ancien général pouvait s'appuyer sur le vice-président, Mike Pence - ce dernier avait aussi démenti les premières informations parues à ce sujet - les choses sont devenues très vite plus sérieuses pour Flynn. La publication, le 10 février, de témoignages anonymes d'officiers du renseignement a alors contraint le conseiller à la sécurité nationale, selon la presse américaine, à s'excuser auprès de M. Pence. Le 13 février, en fin de journée, le Washington Post a porté un coup définitif à l'ancien général en publiant un article affirmant que le ministère de la justice, sur la base de cette conversation, avait mis en garde le conseiller juridique de M. Trump, Don McGahn, contre un éventuel mensonge de M. Flynn, et sur le fait que la teneur de cette conversation pourrait être propice à un chantage russe. Le 12 février, interrogé lors de l'émission politique dominicale de la chaîne NBC, le conseiller politique de M. Trump, Stephen Miller, avait donné la mesure de l'embarras croissant de la Maison-Blanche en refusant de dire si M. Flynn disposait toujours de la confiance du président. Lundi en début d'après-midi, à l'occasion de la conférence de presse organisée avec le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, pour sa première rencontre avec M. Trump, l'ancien général a pris place comme si de rien n'était dans le parterre de conseillers du président. En début de soirée, les informations du Washington Post ont emporté les dernières défenses du conseiller à la sécurité nationale. Dans sa lettre de démission publiée un peu après 23 heures, Michael Flynn a reconnu avoir «par inadvertance, trompé le vice-président élu et d'autres personnes avec des informations incomplètes sur [ses] discussions téléphoniques avec l'ambassadeur de Russie». Le choix qui s'offrait à M. Trump était en fait des plus limités. Maintenir M. Flynn était devenu impossible.

S. Malek et agences