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Mar, Mar

Politique
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C'est un véritable pavé dans la marre qu'a jeté le vice-président de la Haute instance indépendante de la surveillance des élections (HIISE), Brahim Boudoukha, en révélant que près de 70 % des candidats aux élections locales du 23 novembre prochain, n'ont pas de niveau scolaire.

Intervenant hier matin, sur les ondes de la radio de Tizi Ouzou en marge d'une visite de travail et d'inspection effectuée dans la wilaya pour s'imprégner des conditions de la préparation de la future échéance électorale, le représentant de la Haute instance indépendante de la surveillance des élections (HIISE), a précisé que seulement 7% des candidats aux prochaines élections locales, ont un niveau universitaire et 30 % celui du secondaire alors que près de 70% de postulants aux sièges d'APC et d'APW au niveau national ne disposent d'aucun niveau scolaire. «Seulement 7 % des candidats ont un niveau universitaire et 30 % un niveau secondaire, ce qui fait que près de 70 % des candidats sont sans aucun niveau» affirme Brahim Boudoukha. Une situation déplorable selon ses dires et qui devra interpeler, ajoute t-il, tout le monde sur la nécessité d'y remédier à afin de pouvoir attitrer à l'avenir des personnes disposant d'un certain niveau scolaire pour se porter candidats aux différentes élections. «Certes le fait de ne pas disposer d'un grand niveau scolaire ne constitue pas un handicap pour se porter candidat, d'autant plus que la plupart des prétendants disposent d'une riche expérience en matière de militantisme au sein de leurs partis, toutefois j'estime qu'il est nécessaire de faire des études scientifiques pour analyser les raisons qui font que les gens qui disposent d'un bagage intellectuel ne sont pas attirés par la candidature aux différentes élections» ajoute le vice-président de la HIISE. «Le fait que les gens qui disposent de diplômes universitaires ne soient pas attirés par la candidature aux élections va constituer un problème moral et politique dans la gestion des affaires du pays. C'est pour cette raison que l'on doit étudier sérieusement ce phénomène afin d'y remédier à l'avenir. Je dirai même que l'on doit revoir les différentes lois relatives aux élections afin de pouvoir mettre un terme à ce phénomène» affirme le même responsable. Il faut dire que la loi n'exige aucun niveau scolaire aux citoyens désireux de se porter candidat aux différentes élections, puisque parmi les critères exigés des candidats aux législatives, figurant dans la loi organique, n°12-01 du mois d'août 2016, relative au régime électoral, aucun ne porte sur le niveau d'instruction à posséder pour pouvoir s'y présenter. Une loi qui a ouvert une brèche à toute personne désirant se porter candidat y compris à titre d'indépendant de constituer son dossier pour prétendre à un futur siège aux différentes Assemblées. Une situation qui a fait que de nombreux partis politiques notamment ceux qui ne disposent pas d'une base militante à accepter de parrainer, parfois n'importe quel postulant, dans le but d'avoir une probable représentativité dans les APC et APW et parfois même au sein de l'APN, où l'on se retrouve souvent avec des élus qui ne disposent d'aucun diplôme pour ne pas dire d'aucun niveau scolaire comme le viennent d'attester les chiffres fournis par le responsable de la HIISE. 

Ali Chebli