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Dim, Avr

Politique
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Le Premier ministre a réitéré, hier, l'engagement du gouvernement à soutenir les entreprises algériennes en mettant en place toutes les conditions favorables pour le développement de l'économie nationale.

 

Dans son intervention inaugurale de l'université d'été du FCE, Ahmed Ouyahia a décliné des chiffres illustratifs sur la contribution de l'Etat en faveur de l'entreprise algérienne. «Depuis 2000, l'Etat a engagé plus de 36 000 milliards DA en investissements publics. Ce montant colossal a permis la livraison de dizaines de milliers d'équipements pour satisfaire les besoins de la population dans tous les volets du développement humain, qu'il s'agisse de l'enseignement, de la santé, ou du logement par exemple», a-t-il souligné d'emblée. Abordant la question du climat des affaires, il reconnait qu'il n'est pas «parfait», mais il a tenu à rappeler les mesures prises pour l'améliorer et répondre aux attentes des patrons. Il citera à ce propos quatre mesures importantes. «Nous sommes l'un des rares pays au monde à accorder d'importants avantages fiscaux aux investissements qui peuvent même atteindre 15 années entre la réalisation et l'exploitation dans les régions du Sud et de Hauts-Plateaux», a-t-il mentionné.
La deuxième décision prise par les pouvoirs publics est la prise en charge des allocations des enfants de tous les travailleurs y compris ceux du secteur privé national et étranger. La troisième mesure citée est celle de maintenir délibérément les taux d'intérêts en dessous du taux d'inflation et même de les bonifier de moitié au profit des investisseurs. La quatrième mesure prise en faveur des entreprises est le soutien financier de l'Etat pour le recrutement des primo-demandeurs d'emplois. Pour Ahmed Ouyahia, cette politique a donné des résultats, citant comme exemple l'entrée en activité de plus de 50 000 nouvelles petites et moyennes entreprises recensées par l'Agence nationale de développement de l'investissement (ANDI). Ces entreprises ont créé des centaines de milliers de postes d'emplois permanents, selon lui. Les décisions prises en matière de décentralisations ont permis aussi, selon les chiffres avancés par le Premier ministre, l'enregistrement de 4000 nouveaux dossiers d'investissements introduits auprès des guichets uniques de l'Andi dans les 48 wilayas. Evoquant la crise des prix du pétrole, l'invité du FCE a évoqué une réelle «menace» pour le pays, car il s'agissait d'une perte de 50 % de son chiffre d'affaires. Une crise qui a été ressentie par les entreprises, a-t-il souligné, évoquant la baisse des investissements publics ou le retard de paiement des créances des entreprises ayant fourni des services et des prestations à l'Etat et ses démembrements. Face à cette situation, les pouvoirs publics ont été amenés à autoriser le trésor public à emprunter auprès de la Banque centrale.
Cette solution permettra, selon Ahmed Ouyahia, de dépasser la crise économique et financière durant quelques années. Pour cela, il a lancé, hier, un appel aux travailleurs et aux entreprises algériennes, ainsi qu'aux citoyens à se mobiliser afin de surmonter cette étape.

Du concret...

Profitant de la tribune qui lui a été offerte, Ahmed Ouyahia a annoncé qu'une série de mesures économiques seront prises prochainement. Il s'agit de 10 actions principales énumérées par le Premier ministre. La première porte sur la relance de l'investissement public en 2018 avec un budget d'équipement de plus de 4000 milliards DA, en hausse de plus de 1000 milliards DA par rapport à 2017. Une enveloppe de 250 milliards DA est destinée au développement local et 260 milliards DA pour la bonification des taux d'intérêts. La deuxième mesure concerne le secteur agricole avec la remise en activité du programme de soutien au secteur. La troisième action est celle de l'allègement au niveau des banques du poids des créances détenues sur l'Etat par des organismes économiques, notamment Sonatrach et Sonelgaz, ainsi que du poids du financement du logement promotionnel. Des montants importants de liquidités seront disponibles, selon le Premier ministre, pour les crédits à l'investissement. Au titre de quatrième action, Ouyahia a cité la réactivation du fonds national de l'investissement pour accompagner les projets majeurs. Quant aux autres mesures, elles portent essentiellement sur le maintien de l'ensemble des mesures de soutien à l'investissement et de bonification des crédits bancaires, ainsi que la réalisation dans un délai maximum d'une année de 50 nouvelles zones industrielles. Les pouvoirs publics veulent accélérer la décentralisation au niveau des wilayas de tous les actes et procédures liées aux investissements et rétablir la priorité nationale pour les commandes publiques.
Dans ce contexte, il est envisagé la mise en place de mesures de sauvegarde du marché national pour réduire le volume des importations et préserver les réserves de change. La réalisation de l'ensemble de ces projets requiert, selon le Premier ministre, l'implication des entreprises surtout pour la réalisation d'une cartographie des potentialités économiques, des zones industrielles, la chaine de distribution et d'exportation.

Farouk B.