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Mer, Mar

Santé
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C'est au moment où les membres du conseil national du Syndicat des praticiens de santé publique (Snpsp) s'apprêtaient à arrêter un plan d'action de protestation que le ministre de tutelle envoie une invitation au dialogue.


Mokhtar Hasbellaoui a invité le syndicat des praticiens à «une réunion de travail au siège du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, pour le mardi 17 octobre à 14h00». Une rencontre qui intervient dans un contexte caractérisé par une méfiance dans la relation entre la tutelle et ses partenaires sociaux, surtout que depuis les premiers entretiens tenus en juillet, Mokhtar Hasbellaoui n'a plus donné suite à ses engagements envers les syndicats. Dans ce dialogue de sourds, jusque-là, les praticiens de santé publique ont presque décidé de revenir à la charge. Le conseil national extraordinaire tenu jeudi dernier avait pour seul ordre du jour d'arrêter la date d'une action de protestation. Même la base a avait déjà tranché en faveur de cette option après la tenue des assemblées générales à travers les wilayas. Il fallait donc éteindre le feu. D'où cette invitation au dialogue. Et il faut dire que le ministère de tutelle a évité au secteur un nouveau mouvement de protestation, puisque le conseil national du Snpsp a finalement décidé de surseoir à son plan d'action, au lendemain de la réunion du 17 octobre prochain. «Les membres du conseil national extraordinaire tenu le 12 octobre ont décidé à l'unanimité d'attendre les résultats de la réunion au siège du ministère pour trancher la question de retour à la protestation», a annoncé, hier, le président du syndicat des praticiens, le Dr Lyès Merabet. Une annonce qui se veut comme une seconde chance pour Hasbellaoui, afin de trouver un terrain d'entente et éviter les actions de rue. Lors de sa dernière réunion, le bureau national du syndicat a exprimé son regret quant à son «exclusion» de la réflexion et des démarches entreprises autour de questions fondamentales qui structurent des programmes nationaux de santé communautaires. Des questions pourtant où l'engagement «éclairé et motivé» des praticiens de la santé publique est plus qu'indispensable. En effet, le Snpsp qui a brandi la menace de revenir à la charge a accusé Hasbellaoui d'avoir manqué à ses engagements pris le 17 juillet, portant sur la satisfaction des points inscrits dans la plateforme de revendications déposée au niveau de son département. Parmi ces points figure la demande du syndicat à être représenté et associé au travail des différents comités nationaux. Joint par nos soins, le président du Snpsp explique qu'au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière siègent des comités nationaux chargés de la mise en place des politiques de santé, notamment dans le cadre de la prévention (vaccination, santé scolaire et universitaire, urgences, formation continue et carrière des praticiens spécialistes…). «Nous demandons depuis des années à être membres à travers des praticiens médicaux de santé publique que le SNPSP proposerait», rappelle le Dr Merabet. Une doléance que la tutelle continue d'ignorer, comme d'ailleurs d'autres relatives aux conditions de travail et socioprofessionnelles des praticiens médicaux. E attendant donc la réunion de mardi, le conseil national du Snpsp reste ouvert et la base demeure mobilisée et prête à toute éventualité de revenir à la charge dans les prochains jours.

Aïssa Moussi