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Sam, Mar

Santé
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Tandis que le taux de natalité connaît un développement, le nombre des sages-femmes exerçant à l'échelle nationale s'est réduit drastiquement. Nombreuses sont celles qui ont opté pour la retraite anticipée, dénonçant leurs conditions de travail. 

 

L'Union des sages-femmes algériennes tire la sonnette d'alarme. Lors de ces trois dernières années, un tiers des sages-femmes, à travers le territoire national, ont pris une retraite anticipée, causant un grand manque dans le secteur. Lors de son intervention, hier, au forum d'El Moudjahid, la présidente de l'Union des sages-femmes algériennes (USFA), Akila Guerrouche, a affirmé que 6 700 sages femmes activant dans le secteur de la santé, seulement 5 000 sont restées, soit près de deux tiers du nombre global. Selon elle, cette énorme perte est due principalement à la non-revalorisation de ce métier. «Les sages-femmes exercent le travail de plusieurs personnes en Algérie, sans aucune rémunération pour ce travail. C'est pour cela que la majorité d'entre elles ont préféré prendre leurs retraites anticipées», indique la présidente de l'union, ajoutant, que «c'est à cause des dures conditions dans lesquelles est exercé leur métier, qu'elles se voient contraintes de le quitter». «En 2004, on recensait quelque 9000 sages femmes contrairement à aujourd'hui où on compte seulement 5000 sages femmes, à travers tout le territoire national». La retraite anticipée a créé une hémorragie dans la corporation et cela a impacté négativement sur la prise en charge des femmes et conduit à l'échec des programmes de santé. Ainsi, la baisse du nombre des sages-femmes intervient au moment où le rythme des naissances a doublé pour atteindre l'an dernier 1 400 000 naissances vivantes. En outre, la présidente a aussi indiqué qu'une moyenne de deux poursuites judiciaires est enregistrée dans chaque wilaya et près de 100 affaires sont enrôlées. C'est à cause de cela aussi que la «saignée» est enregistrée. A ce sujet, ces femmes ne peuvent plus exercer leur métier, jusqu'à la fin de leur procès. «Toutes les affaires, qui se trouvent en justice impliquant des sages-femmes pour négligences, sont dues au manque de protection de ce corps. Des affaires remontant à 2015 sont déterrées. Les plaignants veulent nuire à la corporation ou espèrent des dommages et intérêts», a-t-elle déploré. S'exprimant au sujet, de l'affaire de Djelfa, elle dira que l'union détient d'autres preuves en faveur des sages-femmes détenues. «La corporation est dotée d'un statut mieux élaboré, mais peu appliqué. Il peut protéger convenablement la sage-femme et éviter des affaires comme celle de Djelfa», explique Mme Guerrouche, affirmant que «le texte est explicite». «La sage-femme dit-elle, ne peut prendre en charge une primipare (la femme qui accouche pour la première fois) sans la présence d'un spécialiste même si le bloc opératoire est disponible». Elle dénoncera l'attitude du médecin-légiste dans l'affaire du nourrisson de Mostaganem. «C'était un fœtus malformé qui a rendu l'âme dans l'utérus de sa mère et était en décomposition. L'échographie peut attester ces dires», a-t-elle soutenu. Par ailleurs, elle s'est exprimée au sujet de la troisième mouture de la nouvelle loi sanitaire, où elle a dénoncé la non-consultation des corps médicaux. À cet effet, Guerrouche Akila n'exclut pas une démission générale. Mme Guerrouche a toutefois reconnu que la sortie de la première promotion de sages-femmes ayant suivi un cursus de 5 ans d'études après le bac, est très bénéfique. «Toutefois, la rémunération de ces dernières se pose car leur salaire est amputé de 7000 da par rapport aux chirurgiens-dentistes et ingénieurs dont la durée de formation est pourtant identique», a-t-elle fait remarquer.

Radia Choubane