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Plus de la moitié des foyers de la commune d’Ath Zmenzer, daïra de Beni Douala, à une dizaine de kilomètres au sud de Tizi Ouzou, ne sont toujours pas raccordés au réseau de gaz de ville.

Selon le maire d’Ath Zmenzer, plus de la moitié des foyers des 13 villages que compte cette municipalité ne sont toujours pas alimentés en gaz de ville, en raison notamment des retards accusés dans les travaux de réalisation des chantiers de raccordement. « Plus de 50% des travaux de raccordement de la commune au gaz de ville dans le cadre de la deuxième tranche du programme de gaz ne sont toujours pas finalisés, en raison notamment du grand retard dans les chantiers de réalisation», affirme Amar Chaffa, P/APC d’Ath Zmenzer. Selon ses dires, les raisons de ce retard, qui a privé plusieurs villages de cette ressource énergétique, sont dues essentiellement aux nombreux problèmes rencontrés par les entreprises chargées des travaux, notamment sur le plan financier en raison de la non-régularisation de leurs créances détenues auprès de la Sonelgaz. Cette situation a poussé la majorité des entreprises en question à l’abandon de leurs chantiers à plusieurs reprises pour des périodes allant jusqu'à à 3 mois. « Nous avons enregistré un grand retard dans les travaux de raccordement au gaz de ville au niveau de plusieurs villages de la commune en raison, notamment, de l’attitude des entreprises chargés des travaux dont la majorité a tout simplement abandonné les chantiers pour de longues périodes. Dans leur grande majorité, les entreprises en question se disent confrontées à des problèmes financiers en raison de la non-régularisation de leurs situations par les services de la Sonelgaz», ajoute le même responsable qui se dit vraiment inquiet de la situation qui risque de compromettre la suite du programme de raccordement de sa commune au gaz de ville. «Nous ne savons vraiment plus quoi faire. Chaque partie rejette la balle sur l’autre. A la Sonelgaz, on nous répond que les entreprises en question sont mises en demeure pour reprendre les travaux et les responsables de ces entreprises nous disent qu’ils ne peuvent pas assurer la poursuite des travaux sans être régularisés par la Sonelgaz», s’insurge encore le maire d’Ath Zemenzer, qui se dit pessimiste quant aux chances de voir le reste des foyers de nombreux villages de sa commune, à l’instar d’Ath Ouanèche, Ighil El Mal, Melloul et El Ouenas, bénéficier du gaz naturel en cette période hivernale. Il faut dire que le problème du non-paiement de la situation financière des entreprises, chargées des travaux de raccordement au gaz de ville dans la wilaya de Tizi Ouzou, a engendré un grand retard dans la finalisation des chantiers dans de nombreuses localités de la wilaya. Selon le président de la commission de l’aménagement du territoire et du transport à l’APW de Tizi Ouzou, Djamel Hami, qui s’est exprimé à la fin du mois dernier à l’hémicycle Aïssat-Rabah, en marge du vote du budget primitif 2017 de la wilaya, la somme globale des situations financières non encore payées par les services de l’Etat, aux entreprises chargées des travaux de réalisation du gaz et de l’électricité au niveau de la wilaya de Tizi Ouzou, est de l’ordre de 250 milliards de centimes. Devant cette situation, qui a engendré l’arrêt de nombreux chantiers sur le territoire de la wilaya, cet élu à l’APW, qui redoute des répercussions sur l’avancement des travaux de réalisation de la suite du programme de raccordement au gaz de ville, a affirmé avoir saisi le wali de Tizi Ouzou, afin dit-il, de se pencher au plus vite sur ce problème et permettre, ainsi, aux entreprises en question de toucher leur argent pour ne pas compromettre la suite des travaux.

Les installations intérieures, un autre os

Plus que cela, la fin des grands travaux de raccordement des localités n’est pas synonyme d’une pénétration concrète de l’énergie bleue dans les foyers. En effet, et pour cause, les travaux de raccordement des foyers au réseau constituent un autre os à surpasser, en raison du coût élevé des travaux intérieurs. Il est, donc, plus judicieux de parler de raccordement de localités que de foyers comme entretenu dans le discours officiel.
Pour illustrer, si l’on parle d’une commune de 15 000 habitants de 2 000 à 3 000 foyers, il se trouve qu’ne fin de compte, quelques centaines seulement, pour ne pas dire des dizaines, sont réellement raccordés et bénéficient de cette commodité. C’est le cas justement, entre autres, de la commune d’Ath Zmenzer où de nombreux foyers peinent à assurer le coût des travaux des installations intérieures.
Elle est là l’autre réalité dont on ne parle presque pas. La difficile conjoncture économique n’est pas faite pour arranger les choses. Des milliers de foyers vont attendre encore pour bénéficier réellement de cette commodité.

Ali Chebli