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Lun, Mai

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L'austérité qui a été adoptée à la suite de la dégradation des prix du pétrole n'a pas manqué de frapper de plein fouet les projets de développement inscrits pour la wilaya de Bordj Bou Arréridj. Heureusement que l'investissement industriel dont la wilaya s'est fait une spécialité au point de devenir un pôle économique national ne dépend pas de la trésorerie publique, sinon pleins d'usines seraient abandonnées comme l'ont été les structures qui devaient être construites dans la région.

Bien sûr, les autorités locales qui gardent l'espoir de leur relance dans tous leurs contacts avec les citoyens rappellent qu'il s'agit de gel et non pas d'annulation. Même dans ce cas, ces citoyens ne sont pas près de voir ces réalisations bientôt. c'est le cas des hôpitaux de 240 lits prévus à Bordj Bou Arréridj et Ras El Oued qui devaient diminuer la pression sur les structures en place. Celui de la localité de Zemmoura qui est située au nord de la wilaya est dans le même cas. 

Le rêve de la population de la commune connue pour son relief difficile et son isolement se trouve brisé à cause de cette décision. Celui des jeunes de la wilaya de se rendre dans un autre stade que le 20 août 55 qui n'arrive plus à contenir toute la demande exprimée par les équipes sportives locales s'est estompé également. Avec les deux stades, la wilaya qui compte 34 communes devait connaître une dynamique dans ce domaine. Mais il faudra attendre des années pour assister à ce projet. Même le secteur de l'éducation a été touché. Plusieurs écoles qui étaient programmées ont finalement ont été différées à des lendemains meilleurs. Mais c'est surtout le secteur des travaux qui a été le plus touché par l'austérité qui a privé la wilaya d'un renforcement de ses capacités en matière de routes et d'ouvrages d'art. Si l'autopont qui traverse le chef-lieu est le plus cité à cause de son effet sur la circulation dans la ville, c'est la route qui relie les wilayas de Bordj Bou Arréridj, Sétif et Béjaïa en passant par El Maien qui inquiète le plus la population. Cette route qui devait ouvrir un accès rapide sur la mer pour la capitale des Bibans devait également désenclaver toute la région nord. Elle avait pour autre dimension de créer d'innombrables emplois pour les jeunes qui souffrent justement du chômage.

Hôpitaux, routes et stades à l’arrêt

Pour rester dans le domaine du transport, la double voie électrifiée reliant Bordj Bou Arréridj à Thénia qui doit mobiliser des milliers de travailleurs est aussi à l'arrêt. C'est vrai que les bases de vie ont été installées, mais aucun avancement n'a été enregistré. La population peut s'estimer heureuse puisque les opérations de construction de logements et surtout de renforcement de la dotation en eau potable se poursuivent. En effet, la wilaya a bénéficié de deux projets de grands transferts hydrauliques d'une valeur de plus de 2000 milliards de centimes. Ces deux projets, dont l'un est en voie de finalisation, doivent permettre aux habitants des régions ouest et nord de recevoir de l'eau potable des barrages de Tilessdit à Bouira pour le premier et Tichihaf à Béjaïa pour le second. La baraka ou le hasard ont empêché leur report qui aurait été fatal pour la population des deux régions qui souffrent du tarissement des forages. Les autorités locales ont eu recours au volontariat des opérateurs locaux pour surmonter cette situation, notamment pour ce qui est des structures éducatives.
C'est ainsi que des entrepreneurs de la commune de Khelil qui se trouve à l'est de la wilaya ont répondu à l'appel qui leur a été lancé pour se charger de la réalisation d'une cantine et d'un CEM. D'autres ont pris en charge la déviation nord du chef-lieu de la wilaya.
Les mêmes autorités ne comptent pas s'arrêter là pour concilier les attentes de la population et les restrictions budgétaires. Les opérateurs qui se sont développés grâce au plan de charge qui leur a été donné par l'Etat doivent se montrer solidaires avec la société d'autant plus qu'ils vivent avec elle, avait déclaré le wali. La question qui reste posée est liée à la capacité de ces opérateurs de faire plus, puisque beaucoup d'entre eux ressentent les effets de la crise. Même Condor, qui est le fleuron de l'investissement dans la wilaya, a annoncé récemment par la voix de son PDG qu'aucune croissance n'est prévue pour 2017 et 2018, même s'il a indiqué qu'aucun poste d'emploi ne sera supprimé. L'heure est grave, assurément. Elle nécessite la mobilisation de tous et surtout un changement de comportement. Avec l'austérité, l'Etat compte ses sous, les citoyens aussi.
H. N.