23
Sam, Mar

Régions
Typography

Des centaines de citoyens de la commune de M'kira, daïra de Tizi Ghennif, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Tizi Ouzou, ont organisé avant-hier lundi une marche pour réclamer des pouvoirs publics la fermeture d'une carrière de tuf exploitée par des particuliers depuis plus d'une dizaine d'années.

 

Brandissant des banderoles sur lesquelles ont pouvait lire : «Non à la destruction de M’kira», «Stop au massacre de l'environnement», «Non à l'enrichissent au détriment de la santé de nos enfants», «Non à la pollution» etc., les marcheurs, à leur tête le P/APC de M’kira, Amar Akrour, et des membres de son exécutif, ont tenu à dénoncer tout au long de leur parcours du chef-lieu communal vers le site de la carrière en question, ce qu'ils qualifient de «sourde oreille des pouvoirs publics» face à leur revendication qui consiste en la fermeture de cette carrière et l'arrêt de l'exploitation de ce qu'ils considèrent comme un «bien public appartenant à l'ensemble des citoyens de M'kira». Selon les protestataires, cette marche populaire se veut un ultime cri d'alerte en direction des pouvoirs publics, eux qui se disent cette fois-ci déterminés à faire entendre leur voix après plusieurs actions dont une grève générale et des requêtes adressées à la wilaya et aux différents ministères pour mettre fin aux activités de la SARL Tufeal Carrière, qui exploite un gisement de tuf depuis 2005 dont le contrat d'exploitation a été renouvelé pour dix autres années jusqu'en 2025 par la direction des mines. «Je remercie l'ensemble des citoyens de la commune de M'kira qui ont répondu massivement à cet appel à une marche populaire pour exiger la fermeture définitive de cette carrière de tuf, devenue aujourd'hui un vrai danger pour la santé des citoyens et leur environnement. Trop, c'est trop !», lance le maire de M'kira, qui a tenu à prendre part à cette marche en soutien à ces concitoyens dans leur action. «Aujourd'hui, c'est un jour historique pour toute la population de M'kira. Cela fait plus de dix ans que dure notre calvaire au quotidien et malgré les différentes requêtes adressées à la wilaya pour mettre fin à l'exploitation de cette carrière, rien n'est fait. Ce sont quatre personnes qui bénéficient de l'exploitation de cette carrière qui se trouve sur un terrain appartenant à l'APC au détriment des 17 000 habitants de M'kira. Notre commune ne bénéficie d'aucun centime de l'exploitation de cette carrière. Pis encore, même le siège social de cette SARL a été transféré à Tizi Ouzou, ce qui fait que notre commune ne bénéficie même pas de la TAP (taxe sur l'activité professionnelle)», s'insurge Amar Akrour, P/APC de M'kira. «Nous avons frappé à toutes les portes afin de mettre fin à l'exploitation de cette carrière. Mais au lieu de voir les pouvoirs publics répondre favorablement à nos doléances, voilà que l'on accorde un autre permis d'exploitation de dix années pour cette SARL. Qu'en est-il des résultats de la commission dépêchée par le wali de Tizi Ouzou, notamment celles de la direction de l'environnement qui avait pourtant émis un avis favorable pour la fermeture de cette carrière ?», s'interroge un citoyen, qui affirme que le terrain sur lequel est exploitée cette carrière a fait l'objet d'un PDAU, donc censé recevoir des projets urbanistiques dont des logements sociaux. «Figurez-vous qu'à cause de cette carrière, le projet de logements sociaux qui devaient être construits au profit de notre commune a été transféré à Tizi Ghennif, faute d'une assiette foncière», s'insurge notre interlocuteur. L'autre grand souci des citoyens de M'kira, réside surtout dans les méfaits causés par l'exploitation de cette carrière sur leur santé et sur celui de leur environnement. «Cette carrière qui est située à proximité de plusieurs habitations et qui n'est qu'à 150 m d'une école primaire a causé d'énorme dégâts sur la santé des habitants dont plusieurs ont été atteints de différentes maladies, notamment l'asthme. Le bruit des camions de gros tonnage qui font des va-et-vient incessants même à 02h00 ou 05h00 du matin causent d'énormes désagréments aux habitants en plus des dégâts occasionnés au CW 107 qui est devenu impraticable à cause de ces camions qui l'empruntent sans arrêt», ajoute un autre citoyen.

Ali Chebli