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Colloque international sur l'immigration

Sous le thème «L'immigration qualifiée et développement des pays d'origine : enjeux et réalités», la faculté des sciences économiques, commerciales et des sciences de gestion de l'université de Béjaïa, en collaboration avec le CREAD, organise depuis hier mardi au campus d'Aboudaou, un colloque international.

 

Plusieurs chercheurs et universitaires étrangers, notamment africains, se sont penchés lors de la première journée sur de nombreuses thématiques liées à l'immigration et au développement. La fuite des cerveaux constitue l'axe central des communications présentées par Saïb Musette du Cread d'Alger, tandis que son collègue Karim Khaled s'est attardé sur le retour des compétences algériennes «diasporiques» et ses conditions.

Le professeur Saïd Musette a traité du cas de l'expatriation des médecins africains en rapportant que 65.000 d'entre eux exercent actuellement en dehors de leur continent. «30% de ces médecins sont algériens», s'inquiète le professeur.

Et quand on sait que la formation d'un spécialiste coûte au budget national quelque 200.000 euros, les pertes pour la santé nationale sont inestimables, souligne-t-il. De son côté, l'universitaire marocain Hicham Jamid, de l'université d'Agadir, s'est intéressé aux migrations hautement qualifiées de son pays en axant sa communication sur la mobilité pour études aux circulations migratoires. Sous le même angle, Rim Otmani du Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (Crasc), a abordé le cas des nouveaux comportements migratoires des Algériens.

La mobilité des jeunes diplômés de l'enseignement supérieur s'est invitée à la conférence de cette spécialiste.

Le colloque enchaînera aujourd'hui mercredi avec des ateliers en rapport avec l'émigration estudiantine ouest-africaine. Un cas sur lequel reviendra en profondeur Omar Ndiyae de l'université de Poitiers (France), en s'interrogeant légitimement sur ses conséquences, puisque les statistques démontrent que dans la majorité des cas c'est une émigration sans retour. Une interroagtion qui pourra peut-être trouver sa réponse dans l'atelier concernant le rôle des disaoporas hautement qualifiées chinoises et indiennes dans le décollage économique de leur pays d'origine qu'animera un groupe de jeunes chercheurs de l'université de Béjaïa.

Beaucoup d'enseignements pourraient être tirés, en effet, par la disapora algérienne. Notons que ce colloque est organisé en hommage au défunt sociologue Mohamed Madoui.

Le professeur Mohamed Madoui a travaillé, pour rappel, sur les PME et l'entrepreneuriat des pays du Maghreb et des Français issus de l'émigration maghrébine.

A ce titre, Mohamed Madoui avait dirigé entre 2001 et 2005 le programme de recherches franco-algérien (étendu au Maroc et à la Tunisie dès 2004), pour se voir confier par la suite le programme de recherches FSP-Maghreb.

A.Arab