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Sam, Mar

Société
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ils sont en Rupture du stock

La rupture des stocks de médicaments est devenue un réel défi à relever que ce soit pour les professionnels de la santé ou bien pour les malades qui se retrouvent livrés à eux-mêmes.

Entre 50 à 70 médicaments n'existent pas dans les officines de la wilaya de Tizi Ouzou.
A ceux-là, s'ajoutent  200 autres médicaments qui sont disponibles mais à des quantités insuffisantes et ne répondent pas à la demande, ou bien ce qu'on appelle les médicaments sous tension, a annoncé, hier, le vice-président du Syndicat national des pharmaciens d'officines (Snapo), Bouaba Saïd.
Un véritable cri de détresse a été lancé par les pharmaciens qui n'arrivent pas à servir les médicaments prescrits par les médecins aux malades.
Une situation qui se répercute négativement sur la prise en charge des malades et qui incite les représentants du Snapo à transmettre  des rapports au ministère de la tutelle pour mettre au courant le premier responsable du secteur de la santé sur la situation qui prévaut dans le secteur du médicament, dira le même interlocuteur.
D'après lui, cette rupture est liée au problème organisationnel du médicament. Il a précisé que seulement 50% du médicament générique qui est vendu dans les officines, alors que le reste est importé.
«Il est temps de mettre en place une politique prévisionnelle du marché du médicament pour éviter toute éventuelle rupture».
Pour  y remédier, le vice-président du Snapo a appelé les pouvoirs publics à classer le médicament comme un produit stratégique.
Ceci, tout en remettant en cause le retard accusé dans la mise en fonction de l'Agence nationale du médicament installée en 2016.
Cette agence, dira-t-il, a pour mission d'organiser le marché du médicament, sachant que cette mission est aujourd'hui du ressort  de la direction de la pharmacie au niveau du ministère.
Par ailleurs, le vice-président du Snapo a appelé les autorités publiques à mettre en place des plans d'urgence pour éradiquer ce manque de médicament sur le marché national.  
Ainsi, il  a proposé à ce que le département de Hezbellaoui procède à la  signature des programmes d'importation  auprès des laboratoires internationaux de fabrication de médicaments pour la livraison de ces médicaments en temps réel.
Pis encore, il a affirmé que les programmes complémentaires n'ont pas été signés en 2016 et en 2017, ce qui a engendré ce manque de médicaments dans les officines du pays. Pour illustrer ses propos, Saïd Bouaba a témoigné que plusieurs médicaments sont indispensables dans les officines, il cite : l'extencilline injectable et la vitamine B12 qui est indispensable pour la santé publique.
«Aujourd'hui, en plus de la maladie qu'il affronte, le malade fait face à la rupture des médicaments. C'est amer, mais c'est la réalité».
Le vice-président du Snapo a appelé à l'occasion  le gouvernement à faciliter le travail d'investissement aux unités de fabrication de médicaments existantes au niveau national  afin de les encourager à fabriquer les médicaments localement et d'éloigner  la dépendance médicamenteuse.
«Certes, la prise de décision par le gouvernement portant l'interdiction de l'importation des médicaments est encourageante, mais il faut qu'il y ait des orientations de ces unités locales de fabrication du médicament vers les classes thérapeutiques qui permettront d'établir des visions prévisionnelles de la disponibilité du médicament à long terme et mettre fin à ces ruptures», a-t-il insisté.  
En termes de chiffres, Bouaba a affirmé qu'il existe 80 unités de fabrication de médicaments au niveau national et 150 autres projets sont en cours de réalisation.
Parmi les recommandations du Snapo, il a appelé les associations des malades et celle de la protection des consommateurs de contribuer à garantir la disponibilité des médicaments tout en chargeant les médecins de mettre  à jour la nomenclature du médicament dans la prescription des médicaments disponibles sur  le marché et éviter la prescription des médicaments retirés de la vente.


 Z. C. Hamri