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Sam, Mar

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L'intersyndicale engagée dans un bras de fer avec le gouvernement contre le projet de révision du système de retraite, reprendra aujourd'hui sa grève pour deux jours de suite, après le débrayage des 17 et 18 octobre. Ce sera, pourtant, sans les paramédicaux de la santé publique.

Lesquels viennent de claquer la porte à ce bloc syndical, après avoir eu les promesses du ministre en charge du secteur que leur métier sera classé comme étant pénible dans la nouvelle loi. Le conseil national du Syndicat algérien des paramédicaux (SAP), réuni samedi en session extraordinaire afin d'évaluer les suites à donner à sa rencontre du 17 octobre avec Abdelmalek Boudiaf, «a décidé à l'unanimité le gel de la grève nationale prévue le lundi 24 et mardi 25 octobre», peut-on lire dans un communiqué du SAP qui «prend acte des engagements du ministre en vue de leur concrétisation». En effet, Boudiaf a promis aux paramédicaux leur «classification parmi les métiers pénibles dans la nouvelle loi sur la retraite» ainsi que «la participation de leurs représentants dans les commissions en charge de l'élaboration du nouveau code de travail». Par ces deux engagements, le ministre a donc arraché simplement le retrait d'un syndicat à fort ancrage dans le secteur de l'intersyndicale et porté un coup au poids de cette dernière lors de la grève d'aujourd'hui et demain, voire pour la suite de sa bataille. Seuls les syndicats de l'éducation nationale, des vétérinaires, de l'administration publique représentant les APC et l'enseignement supérieur, en plus de la formation professionnelle restent attachés au mot d'ordre de grève. C'est une bataille gagnée pour le gouvernement qui, selon les syndicats, «tente par tous les moyens de casser la dynamique». Après avoir échoué à convaincre les syndicats grévistes par l'intermédiaire de la ministre de l'Education nationale, Nouria Benghebrit, et celui du Travail, de l'Emploi et de la Sécurité sociale, Mohamed El Ghazi, voilà qu'il réussit son coup en actionnant le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière. Une grève avec en moins le corps paramédical n'aura certainement pas la même réussite qu'avant. Le SAP s'est désolidarisé du groupe et a préféré faire cavalier seul, en tournant le dos aux travailleurs d'autres secteurs. Alors que l'intersyndicale revendiquait un dialogue sérieux avec ceux qui ont le pouvoir de décision, voilà qu'il poignarde ses partenaires dans le dos en allant négocier étroitement les intérêts des paramédicaux. Un tournant ? Ça pourrait bien en être un qui va mener à l'éclatement de l'intersyndicale qui avait déjà connu des défections lorsque les médecins spécialistes et les corps communs de l'éducation ont quitté le wagon. Quoi qu'il en soit, ce n'est pas pour autant que les syndicats reculent dans leur démarche, surtout que la contagion peut maintenant atteindre le secteur économique avec cette menace des travailleurs de Rouiba d'entamer une grève si l'on venait à toucher à leurs acquis. Sans les paramédicaux, y aura-t-il mobilisation aujourd'hui ? C'est le défi que doivent relever les syndicats grévistes.

Aïssa Moussi