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Ven, Jan

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Les Verts ne jouent que contre des équipes modestes

Malgré un statut honorable, l'équipe d'Algérie est rarement sollicitée par les gros calibres du football international.

Quatre jours après s'être affrontées et fait match nul (1-1) dans un match qualificatif à la Coupe du monde de 2018, les équipes d'Algérie et du Nigeria étaient, de nouveau, en piste, mardi dernier pour disputer un match amical. La première, chez elle, à Alger, dans une confrontation face à son homologue de la République centrafricaine, la deuxième, en Russie, dans un rendez-vous face à l'Argentine. On connaît le verdict de la qualification à la Coupe du monde.
Il a été sans appel pour l'équipe d'Algérie, éliminée d'une façon presque humiliante, eu égard à son statut, alors qu'il a souri à celle du Nigeria, qui a obtenu son billet pour la Russie. On a, peut être, eu des regrets à la suite de ce résultat mais après avoir vu les deux matches de mardi, il n'y a aucun doute à se faire : l'équipe du Nigeria mérite, amplement sa qualification au Mondial 2018 et est, largement, supérieure à celle de l'Algérie. Sur ce qu'elle a montré face aux Argentins, battus 4-2, on pourrait ajouter qu'à l'heure actuelle ce doit être la meilleure équipe nationale du continent africain. Les Nigérians ont développé un jeu qui a déboussolé leurs adversaires sud-américains et auraient même pu inscrire d'autres buts tant leur supériorité a été manifeste en fin de match. Si elle joue de cette façon en juin prochain en Russie, l'équipe du Nigeria est capable de réaliser un sacré exploit lors du Mondial.
Le même soir, l'équipe d'Algérie s'est imposée, 3-0, face à l'équipe de la Centrafrique. Un match où elle n'a pas tellement brillé, se contentant de mener sa barque à bon port  face à un adversaire, certes combattif mais limité dans plusieurs domaines. Ce que l'on retiendra, c'est qu'au moment où le Nigeria donnait la réplique au 4e du classement de la Fifa, les Verts affrontaient le 119e de ce même classement. La différence est de taille. On remarquera que pendant que d'autres équipes africaines se testent face à de gros calibres du football mondial, celle de l'Algérie se contente, presque toujours, de jouer contre de modestes adversaires lorsqu'elle ne «zappe» pas, carrément, une date Fifa et ne dispute aucun match. Cela n'est pas consécutif à la mauvaise passe qu'elle traverse depuis quelque temps puisque, même après le Mondial 2014, où elle avait, tout de même, réussi à disputer un huitième de finale, au cours duquel elle avait obligé le futur champion du monde, l'Allemagne, à aller jusqu'aux prolongations, l'équipe d'Algérie ne parvenait pas à obtenir des matches amicaux contre des équipes de grandes nations du football. Cela démontre qu'elle n'a jamais pu accéder à un rang de notabilité dans ce sport malgré quatre qualifications à une Coupe du monde. Les équipes les plus huppées du football international semblent éviter la nôtre pour affronter des sélections comme celle du Nigeria, de la Côte d'Ivoire, du Ghana, de l'Egypte, de la Tunisie ou du Maroc, quand elles cherchent à ses tester face au football africain. Ce qui veut dire que le chemin est encore long pour le football algérien s'il compte obtenir de la reconnaissance au niveau mondial. Ce n'est, certainement, pas en se faisant éliminer de la Coupe du monde qu'elle y parviendra.
De toutes les manières, on verra si l'équipe d'Algérie sera sollicitée pour des matches amicaux avant la Coupe du monde de Russie. Les futurs adversaires de la Tunisie, du Maroc et de l'Egypte chercheront, sans doute, à se tester face à des équipes ayant un style de jeu proche de celui de ces trois sélections, l'équipe d'Algérie étant celle qui cadre le mieux avec ce choix. Espérons que, pour une fois, on fera appel aux Verts à la condition, bien sur, que l'entraîneur national accepte d'affronter des équipes de gros calibres. Mais cela est une autre histoire.
Ahmed Achour