06-05-2011
Bouzaréah
Le cri de détresse de 3 familles expulsées

Ces familles très connues car, parmi les plus anciennes à Bouzaréah, occupaient depuis 1967 une vieille bâtisse au quartier Louda Mohamed n°2, dans la commune de Bouzaréah d'où elles ont été expulsées en décembre 2009 à la suite d’une décision de justice. Ces familles ne savent plus à quel saint se vouer.

Les tentes sont devenues depuis une année leur habitation permanente. Ces familles qualifient cette décision «d'injuste». En effet, ces familles s'étaient retrouvées dehors à la suite d’une décision de justice, explique Abdelhakim, un des membres des trois familles expulsées.

«Un arrêté d'expulsion a été délivré le 29 juillet 2010, par le tribunal de Bir Mourad Raïs à notre encontre», précise ce père de 3 enfants, et ce après une plainte déposée par le propriétaire qui a fait appel à la justice déplorant une occupation illégale de la bâtisse, sise au quartier Louda Mohamed n°2 à Bouzaréah.

Le tribunal a été saisi parce que les concernés ont auparavant refusé de répondre favorablement à la demande du propriétaire qui leur avait demandé de quitter les lieux afin qu'il puisse disposer de son bien, ce qui a été dénoncé par l'ensemble des familles. «Cela fait 30 ans que nous occupons les lieux», tient à préciser le père de Abdelkrim.

«J'ai toujours payé mon loyer et maintenant je me retrouve jeté à la rue», ajoute-t-il tout en exhibant des quittances de loyer pour mieux se faire comprendre.

Alors quel péché avons-nous commis pour mériter ce sort ?», s'est interrogée l'épouse de Abdelkrim, la trentaine. Ceux-ci et pour régler leur problème ont pris attache avec le président de l'APC de Bouzaréah, déclare le sexagénaire mais le premier responsable de la commune leur a répondu que cette affaire ne relevait pas de ses prérogatives d'élu, rapporte Abdelhakim, membre de la même famille.

Quant au wali délégué de la circonscription administrative de Bouzaréah, sollicité à maintes reprises, il a refusé de les recevoir en audience, selon Abdelkrim.

Malgré leur situation déplorable, aucun responsable n'aurait réagi quant à l'examen de leurs doléances dans l'éventualité de trouver une solution à leur calvaire. Sur place, la souffrance de ces trois familles est vraiment perceptible. Habitant depuis décembre 2009 ces tentes de misère, celles-ci déplorent la malvie dont elles sont victimes. Tout un décor de misère se dessine sur les lieux. Tout y manque ici, notamment l'eau potable et l'électricité. Mais il faut voir pour y croire.

Le plus touchant, c'était le fait d'expulser les occupants en pleine saison des pluies, sans toutefois leur accorder d'autres solutions d'hébergement durable ou même provisoire. «On ne chasse pas les gens en plein hiver !», s'indigne Abdelhakim. Leur unique souhait est de vivre dignement. Elles ont besoin d'un logement digne de ce nom, elles n'acceptent plus d'être maltraitées.

Karima Adjemout