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20-04-2011
Basse Casbah
La place des Martyrs appelée «Sahet Guantanamo»

Depuis quelques jours, la place des Martyrs, dans la Basse Casbah, endroit qui a vu l'organisation de plusieurs rassemblements à caractère revendicatif, est interdite d'accès à cause de son quadrillage. Les autorités expliquent cela par l'installation d'un chantier portant projet de réaménagement des lieux. La population, elle, prend les choses avec humour. Pour elle, la place des Martyrs, c'est désormais «Sahet Guantanamo».  

Transformée en un lieu de rassemblement et de protestation durant le mois de mars dernier, la place des Martyrs n'est plus accessible, même aux habitants de la Basse Casbah. Depuis la semaine passée, l'endroit a été en effet complètement quadrillé, rendant impossible toute tentative d'organisation d'un sit-in comme le faisaient auparavant les gardes communaux.

Interdits de se rassembler devant le palais présidentiel à El Mouradia, la Grande poste à Alger-centre, la place du 1er Mai à Sidi M'hamed, les protestataires s'étaient repliés en dernier recours sur la vieille ville d'Alger. Au départ, les regroupements de personnes étaient tolérés.

La police se contentait de surveiller l'avenue Che Guevara et la rue Bab Azzoun pour barrer la route à toute tentative de marche. Quand les gardes communaux ont pu forcer le dispositif sécuritaire et marcher jusqu'au boulevard Zighout Youcef où se trouve l'APN, il a été décidé d'entourer la place des Martyrs de barricades métalliques ordinairement utilisées par la police.

Ces barricades étaient doublées d'une colonne d'agents d'ordre chargés de filtrer les entrées. Comme les sit-in se renouvelaient à chaque fois malgré une forte présence policière dans les parages, les autorités ont décidé de frapper les esprits : fermer la place à toute fréquentation en plaçant un grillage très haut et résistant. Les travaux de clôture se faisaient la nuit.

Cette fermeture est devenue le principal sujet de discussion en ville. Pour la population des quartiers de la Basse Casbah, «Sahet Echouhada» a désormais un autre nom, celui de «Sahet Guantanamo», en référence à la fameuse prison américaine. En procédant de la sorte, les autorités ont laissé comprendre à l'opinion publique qu'elle visait expressément l'interdiction des attroupements à caractère revendicatif à ce niveau.

Ce sentiment a été renforcé par l'absence de la plaque de chantier censée informer les riverains sur la nature des travaux programmés en ces lieux. Ceci a poussé les autorités à s'expliquer sur cette action. Ainsi, dans un communiqué rendu public hier, «la commune» de la Casbah assimile ce quadrillage à une clôture de chantier.

«Il est porté à la connaissance de la population algéroise que, par suite de l'engagement, au niveau de la place des Martyrs, de fouilles archéologiques et des travaux rentrant dans le cadre du prolongement du métro place des Martyrs-Grande poste d'une part et l'importance du flux des passagers d'autre part, les services compétents ont été dans l'obligation de la clôturer à l'effet de permettre aux intervenants en charge des projets en cours d'intervenir dans les conditions requises», explique-t-on. D'habitude, quand il s'agit de parler de ce type de chantier,

c'est toujours l'entreprise du métro d'Alger (EMA), et elle seule, qui communique et signe les avis rendus publics. De plus, à la Basse Casbah, les fouilles archéologiques annoncées dans le communiqué de «la commune» ont été engagées en 2008 avec l'aide d'experts français en la matière, dans le cadre du projet de l'extension de la première ligne du métro, de la Grande poste à la place des Martyrs (1,7 km).

L'objectif étant de préserver d'éventuels vestiges au moment de la réalisation de la gare centrale du métro prévue dans le sous-sol de cette place. Le chantier des fouilles a été levé.

La preuve : les travaux de réalisation du métro ont commencé dans les anciens arrêts de bus relevant du transporteur public de voyageurs l'Etusa, derrière le bâtiment du Trésor.

Comme il fallait s'y attendre, la circulation automobile et piétonne s'est transformée en un parcours du combattant. Pour aller de Bab Azzoun ou Ketchaoua à Djamaâ Lekbir, il faut jouer des coudes tout au long d'un couloir étroit laissé libre. Encore que la police est obligée d'y intervenir à chaque fois à cause de la présence des trabendistes qui squattent les lieux et qui flirtent continuellement avec les passants.

La police les chasse sans ménagement mais ils reviennent à la charge surtout en fin de journée. Quand ils ne gênent pas le mouvement des passants, ils bouchent l'accès à tout le monde. Durant la soirée et la nuit, ce couloir constitue une excellente arène pour commettre des agressions à main armée.

«La commune de la Casbah s'excuse auprès de la population»
Pour toutes ces raisons, le communiqué ajoute : «La commune de la Casbah s'excuse auprès de la population du désagrément causé. La place sera réouverte dès l'achèvement des travaux en question et sera réaménagée afin qu'elle retrouve la place emblématique qui est la sienne au niveau de la commune». Faute donc d'une «APC», c'est la «commune» qui s'excuse auprès de la population !

Un non sens. En réalité, les rédacteurs du communiqué évitent soigneusement d'évoquer l'APC de la Casbah parce que pour eux celle-ci n'existe pas. Elle est en fait bloquée dès son installation en décembre 2007. La majorité des élus s'était opposée à la réélection de Amar Ztéli (FLN)

à la tête de l'assemblée pour un autre mandat de cinq ans. Le blocage a perduré jusqu'en avril 2010. A la faveur d'un retrait de confiance signé par 10 élus (sur 15), M. Ztéli a été destitué pour, entre autres, «mauvaise gestion» des affaires de la commune. Répondant au souhait de ces élus, le wali Mohamed Kébir Addou a confirmé, le 12 mai de la même année, la destitution, tout en désignant un administrateur chargé d'expédier les affaires courantes en attendant l'installation d'un autre président de l'assemblée. Une année après la destitution de

M. Ztéli, la wilaya déléguée de Bab El Oued et la wilaya refusent toujours d'entériner le choix du remplaçant fait par la majorité des membres de l'APC. L'administration interprète le code de la commune à sa manière pour ne pas avoir à se mêler de l'affaire où se seraient trempés des cadres de la direction nationale du FLN.

Elle soutient contre toute logique que c'est à la liste de la majorité de désigner elle-même un nouveau président (article 48 du code communal) au moment où le même code (article 51) stipule qu'en cas de destitution du président, c'est l'assemblée qui désigne un remplaçant en choisissant un nom de la liste majoritaire. A l'APC de la Casbah, c'est le FLN qui détient la majorité des sièges (8 sur 15).

C'est à ce niveau que tout va mal : la liste est partagée entre des  groupes de quatre personnes chacun qui s'opposent et s'excluent mutuellement.

Devant cette situation qui perdure, des élus et des gens du mouvement associatif de la commune ont organisé plusieurs sit-in devant le siège de l'APC, boulevard Che Guevara, demandant à l'administration de procéder à l'installation en urgence du nouveau P/APC suivant les modalités de l'article 51 de code communal. Leur protestation n'a pas été suivie d'effet.

Aux dernières nouvelles, les concernés comptent adresser un courrier au président de la république lui-même. Les partisans du maire destitué, eux, savourent leur victoire. En avril 2010, ils disaient : «L'APC, sans Ztéli, restera sans président jusqu'aux élections locales de 2012».

Pari à demi tenu. Chaque jour qui passe leur donne raison. Faute de président, la gestion des affaires de la population de la Casbah est confiée à un administrateur, le deuxième en une année, en violation de la loi sur la commune suivant laquelle un administrateur est désigné pour une durée d'un mois seulement.           

D. Ch.

 
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