02-01-2012
Point Net
Le ministre, le politologue et l’islamiste maison

Le ministre du Travail s'enorgueillissait, hier, que le sachet de lait, sans la subvention de l'Etat reviendrait à quelque chose comme cinquante dinars… pour tout le monde au lieu des 25 actuels. Tout le monde connaît pourtant le résultat de la «démarche» : une aberration économique et un fiasco social.

Paradoxalement, c'est au moment où «même» le gouvernement semble vouloir revenir à une formule de soutien des produits de première nécessité plus juste, que M. Tayeb Louh a cru pertinent de nous rappeler que l'ancienne était finalement la bonne. Et quand la journaliste, qui l'interrogeait en direct sur la radio, lui a demandé comment les pouvoirs publics comptaient s'y prendre si l'argent venait à manquer dans les caisses de l'Etat,

il n'a pas été très loin pour chercher sa réponse. Péremptoire, il a répliqué : «Nous sommes en train d'élaborer une économie diversifiée !» Ce n'est finalement pas plus compliqué que ça.

Les choses ne sont pas plus compliquées non plus pour le MSP qui quitte l'alliance présidentielle parce que «le temps est à la compétition et non aux alliances», mais reste au gouvernement parce qu' «on a des divergences avec le FLN et le RND,

pas avec le président de la République» ! Aussi expéditif que le ministre du Travail, l'ancien officier des services Chafik Mesbah, consulté es qualité de politologue sur la sortie du MSP, nous apprend que «le Mouvement veut se refaire une virginité politique».

Comme le ministre du Travail, M. Mesbah ne pouvait pas s'arrêter en si bon chemin. Alors, il va aussi loin que lui dans la certitude : «Le MSP n'a plus aucune crédibilité, il a beau se retirer du pouvoir, ça ne change absolument rien à ses idées, auxquelles le peuple est farouchement opposé !»

Et il ne nous dit pas que le peuple est farouchement opposé aux idées du MSP parce que ce sont des idées islamistes mais parce que ce parti a évolué dans la sphère du pouvoir depuis vingt ans. Il ne nous dit pas non plus pourquoi un parti qui a rarement perdu le nord en termes d'intérêts immédiats

peut-il penser pouvoir faire oublier aux Algériens qu'il a passé l'essentiel de son temps d'existence dans le giron du pouvoir ! Parce que, lui, il ne semble pas vraiment dans cette logique et il l'a fait savoir de la manière la plus flagrante, en… maintenant ses ministres au gouvernement ! Assez clair, manifestement, même si le général Mesbah dit que «ce revirement de situation est louche».  Il pense même qu'il n'est pas… désintéressé !

laouarisliman@gmail.com