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28-06-2011

Bordj El Kiffan

Risque de dérapage aux chalets Ali Amrane III

Malgré l'évacuation du site en décembre, 39 familles continuent d'occuper des chalets au site Ali Amrane III, dans la commune de Bordj El Kiffan. Celles-ci, exclues de l'opération de relogement pour des motifs qu'elles contestent, ont reçu, jeudi, la dernière mise en demeure de vider les lieux. Les familles se préparent à riposter à un éventuel délogement par la force, en constituant un stock d'essence…

Les chalets du site Ali Amrane III, implanté au lieudit Bateau cassé, dans la commune de Bordj El Kiffan, ont été évacués de leurs occupants en décembre 2010, dans le cadre du programme de wilaya portant éradication progressive de l'habitat précaire, lancé quelques mois plus tôt.

C'est ainsi que 346 familles, selon des chiffres officiels, ont été relogées dans les appartements de type F2 et F3 dans les nouveaux quartiers de Draria, Birtouta, les Eucalyptus et de Baraki, entre autres. Six mois après cette opération, des familles demeurent toujours sur site alors que les travaux de démantèlement des chalets ont déjà commencé.

Ils sont d'ailleurs à un stade avancé. Les recours introduits par les exclus ont été rejetés par la commission de wilaya ad hoc qui s'est réunie à cet effet les 24 avril et 17 mai. Début juin, elles ont reçu les premières mises en demeure afin de quitter les lieux. Jeudi 24 juin, plusieurs familles ont été destinataires de «la troisième et dernière mise en demeure».

C'est dire qu'aux chalets Ali Amrane III, les choses vont à la confrontation. Après le dernier avertissement, la wilaya et l'OPGI vont recourir à un délogement par la force pour libérer les lieux. Mais les concernés n'ont pas l'intention de se laisser faire. Pour preuve, plusieurs d’entre eux ont emmagasiné des stocks d'essence. Dans leurs yeux, on lit l'impatience d'en découdre avec les autorités.

«Nous n'avons pas où aller. Comme ils nous ont ramenés ici avec des décisions d'affectation de chalets, ils doivent nous donner des logements comme tous les autres», exigent-ils. Sebaihi Rachid, Lamouri Tarek, Ben El Kadi Djamaï, Benantar Saïd et Degga Merzak sont entres autres les personnes qui continuent d'occuper des chalets. «Après le relogement de décembre 2010, 39 familles sont restées sur place.

Elles demandent à être relogées comme tout le monde», indiquent-ils. «L'OPGI prétend qu'il y a encore 52 familles à Ali Amrane III. C'est faux. Il y a deux mois, les gendarmes se sont présentés au site avec cette liste. Quand ils ont fait l'appel, ils se sont retrouvés avec 39 noms seulement. Dans cette liste, il y avait des gens relogés en décembre et d'autres qu'on ne connaît pas», assurent-ils.

39 familles, 39 cas
Les exclus relèvent de plusieurs groupes. Autant dire que chacun est un cas à part. Sur ces 39 familles, il y a d'abord 17 familles originaires du quartier des Dunes, de la commune de Bordj El Kiffan. Elles sont là depuis 2003, dans le cadre de la prise en charge des effets du séisme de mai de la même année.

Leurs habitations ont été touchées à des degrés différents, nécessitant des travaux de confortement qui seraient toujours en cours. Ce qui justifierait leur présence dans le site en pleine démolition. En plus des familles des Dunes, il y a un groupe de 11 familles qui résidaient auparavant aux Bananiers, quand ce quartier n'était qu'une ferme.

«Ces familles ont accepté de quitter la ferme afin de permettre aux autorités d'y implanter des programmes de logement. Cela a donné l'actuelle cité AADL et des petites cités tout autour. En échange, les autorités s'étaient engagées à reloger les 11 familles aux Bananiers une fois les logements construits», indique-t-on. La cité des Bananiers était parmi les premiers projets à être achevés et occupés du programme 2001 de l'AADL.

Les anciens habitants de la ferme ont été inscrits au relogement et ils devaient rejoindre leurs nouveaux appartements en décembre 2010, au moment de l'évacuation des chalets. «Ils ont refusé de quitter les lieux. Quand elles sont venues ici en 2003, elles étaient 11 familles. Leur nombre a grossi ces dernières années. Au moment du recasement, elles ont exigé plus de 11 logements, ce que les autorités ont rejeté.

Elles risquent donc l'expulsion», explique-t-on. Il y a également deux familles qui vivaient en location à Baraki et les autres venaient d'Alger-Centre. Tout le monde s'estime être dans son droit en revendiquant un toit avant de quitter le chalet.

Ces célibataires ou pères de famille peuvent vous raconter pendant des heures comment, depuis décembre 2010, ils jouent au chat et à la souris avec la wilaya, les wilayas déléguées, l'OPGI, les huissiers de justice et les voleurs (voir encadré). Dans le groupe d'Alger-Centre, il y a plusieurs célibataires, âgés de 40 à 56 ans. «Nos dossiers ont été rejetés pour absence de fiche familiale.

C’est inacceptable. Comment se peut-il que je me marie dans des conditions pareilles ?», s'interroge l'un d'eux. Lamouri Tarek, père de trois filles, occupait une baraque aux Tagarins. La masure appartenait à son beau-père qui a bénéficié d'un relogement. Tarek, lui, s'est retrouvé dans un chalet à Ali Amrane III au nom de son beau-père. La décision d'affectation fait foi.

Au moment de l'évacuation du site, il a été exclu de la liste. Motif : la personne affectée à ce chalet (le beau-père) a déjà bénéficié d'un logement… Sebaihi Rachid est un ancien militaire. Il dit n'avoir jamais compris pourquoi on lui refuse un toit. «La seule explication valable, c'est que le logement qui me revient à été donné à quelqu'un d'autre», estime-t-il.

Ben El Kadi Djamaï a vécu une situation des plus insolites. Il a reçu comme tout le monde des mises en demeure. Seulement voilà : «Il a reçu, le même jour, à la même heure, deux mises en demeure. La première venait de l'OPGI et la seconde de la wilaya.

Dans l'une, on dit de lui qu'il est une 'personne' anonyme' et dans la seconde on parle d'abandon de chalet. On ne peut pas être connu et inconnu à la fois !» Pour tirer les choses au clair, ces familles demandent à la wilaya de se rendre chez eux et d'enquêter sur place.

D. Ch.
 
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