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22-10-2011
Point Net
Un dernier «dégage» avant l'été

Farouk allait régulièrement en Tunisie, où il passait ses vacances avec ses parents. Oh, ce ne sont pas vraiment des vacances qui le passionnaient, mais il a fini par s'y résoudre : quand on n'a pas ce qu'on aime, il faut aimer ce qu'on a.

Non pas qu'on ne peut pas passer de belles vacances dans ce petit bijou de pays, mais Farouk, qui a très vite renoncé à ce qui restait de son romantisme d'adolescent, est maintenant convaincu qu'il a tout compris : c'est l'argent, pas les beaux pays qui font les vacances de rêve.

Et l'argent, ses parents, un couple de médecins dans un hôpital public, n'en ont pas beaucoup. Encore heureux que comme enfants, ils n'ont que lui et sa petite soeur, sa grande sœur déjà mariée et qu'ils puissent lui offrir deux semaines de détente dans un hôtel de troisième catégorie sur la côte tunisoise.

L'habitude étant une seconde nature, Farouk a fini par s'attacher à ce pays, où il s'est même fait des amis. Quand la révolution du jasmin a éclaté, il a commencé par s'inquiéter pour les petits copains tunisiens avec qui il partageait de longues journées sur la plage, qui l'invitaient chez eux et lui disaient souvent qu'ils aimeraient bien venir un jour en Algérie.

Comme il n'a pas été «spontanément» enthousiasmé par la révolte et qu'il a pris le temps de comprendre, Farouk s'est donc empressé d'envoyer ce message à ses amis de vacances : «Les images et les infos qui me parviennent de Tunisie m'inquiètent. Faites attention à vous.»

Mais après les premières réponses de ses amis, il s'est senti presque honteux d'avoir égoïstement pensé à ses seules connaissances tunisiennes alors que toute la Tunisie était dans la rue pour un rêve si grandiose que le sacrifice vitale s'est quasiment banalisé.

Cette année, c'est la deuxième année consécutive que Farouk n'est pas parti en Tunisie, ce qui ne lui est pas arrivé depuis plus d'une décennie. Mais en deux ans d'absence, il en a appris sur ce pays plus que pendant la dizaine de séjours qu'il a passés sur le sable de Hammamet.

Par exemple, que les Tunisiens n'étaient finalement pas si heureux que ça, que Ben Ali n'était pas le leader adoré dont on accrochait les portraits jusque dans les petits kiosques à glaces, et que ce n'est pas parce qu'on se sent bien sur les plages tunisiennes que tout se passe bien dans le meilleur des mondes. Farouk a appris des choses sur la Tunisie, il a même appris des choses sur… l'Algérie.

En 1980, il venait juste de naître, en 1988, juste un enfant qui va à l'école, et en 91, juste un enfant qui va toujours à l'école. En prenant connaissance de ce qui s'est passé à ces moments précis, il a ouvert son micro et envoyé ce message : «Chers amis, vous l'avez dit dans la rue à Ben Ali, dites-le demain dans l'isoloir à Ennahda : DEGAGE.» Farouk compte bien repartir en Tunisie, l'année prochaine, même sans ses parents.

laouarisliman@gmail.com

 

 
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